Doublement actif
Trente-cinq heures par semaine, Thierry Kolb est TC en grandes cultures au Comptoir agricole de Hochfelden. Mais une fois chez lui, il redevient exploitant en céréales et en élevage allaitant charolais.
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«Moi, ce qui m’intéresse, c’est la technique. » Alors, en tant que référent du Comptoir agricole en matière d’intercultures et de plantes fourragères, Thierry Kolb est à son affaire. « J’ai tout en tête. Le côté technique comme l’aspect économique. » Intercultures et fourragères sont un dada de toujours. Et quand son employeur lui propose de reprendre ce flambeau en 2020, il accepte. « Sans cela, je me serais peut-être lassé. Cette responsabilité a donné un coup de boost à ma trajectoire », rigole-t-il. Aujourd’hui, Thierry Kolb échange avec les semenciers sur le référencement ou le déréférencement, définit les prix de vente, gère les stocks avec l’aide d’une collègue. Mais la mise en place d’essais variétaux demeure primordiale. « Acquérir des références est mon défi quotidien, car les différences de génétique sont énormes tout comme la variabilité à l’intérieur de chaque espèce. Une somme de températures de 500 °C suffit à certaines moutardes pour fleurir. D’autres en réclament 1 300. De ce fait, sur le terrain, la pédagogie devient cruciale. Je dis toujours : il n’y a pas de mauvais produits. Il n’y a que de mauvaises utilisations. » Et d’avouer qu’il pousse souvent les choses jusque dans leur dernier détail, quitte, parfois, « à passer pour un emmerdeur » !
Cette casquette de référent le conduit à se déplacer au-delà de son secteur d’attache, le nord du Bas-Rhin. Il y exerce comme un classique TC en grandes cultures après avoir touché pendant une dizaine d’années à la vigne et à l’élevage. À Riedseltz, il a repris de son père 80 ha de maïs, blé et colza, ainsi qu’un troupeau de 25 mères charolaises. « J’ai définitivement attrapé le virus pour ces animaux en 1996, à l’occasion d’un stage dans un élevage alsacien renommé pour sa génétique. Si je devais changer de race, j’arrêterais », lance Thierry Kolb, qui s’est dans la foulée engagé jusqu’à cumuler dix ans comme trésorier et cinq en tant que président du syndicat départemental de la race. De 2007 à 2017, il effectue de courts séjours en Roumanie pour y vendre des reproducteurs ainsi que des semences fourragères. « Une expérience sympathique. J’en ai gardé la capacité à me débrouiller dans la langue du pays », glisse-t-il. Son mariage et la naissance de ses trois enfants lui font refermer cette parenthèse. Mais sa passion pour la sélection est intacte. Cette année, il se félicite de son « joli lot de veaux » qu’il a « nourri et paillé à 6 h 30 » le jour de notre rencontre.
Thierry est secondé par un salarié à plein temps sur sa ferme. « Je trouve mon équilibre dans la double activité. Comme j’aime bien voir avant de croire, je peux expérimenter chez moi. Et je sais de quoi je peux parler en toute sérénité à mes interlocuteurs. » Son seul petit regret est de ne pas avoir suffisamment de disponibilités pour aller plus loin dans l’agriculture de conservation. « Plus le cycle végétatif est long, plus le service agronomique rendu est important. » Quitter son poste à la coopérative, il n’y pense pas. « Je vois du monde. C’est une ouverture. Quand j’ai été embauché, une connaissance m’a dit : "Ah, tu rentres au Comptoir ? Tu es fichu. Tu vas y rester !" Je ne l’ai pas crue. Vingt-cinq après, j’y suis toujours. Et je ne le regrette pas ! » Christophe Reibel
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